18 June 2024
Culture

Le Mbolé : le genre musical en vogue au Cameroun

  • 25 janvier 2023
  • 4 min read
Le Mbolé : le genre musical en vogue au Cameroun

Il reste le son par excellence de la rue dans les quartiers populaires de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Apparu au début des années 2000, le Mbolé a explosé en 2016. De cette musique de veillées funèbres aux studios d’enregistrement, les rythmes enjoués du genre ont tissé leur chemin dans le paysage culturel du pays.

À l’origine, il s’agissait d’une forme de musique scandée lors des veillées funèbres pour réconforter les personnes en deuil. Aujourd’hui, il fait partie du courant culturel dominant au Cameroun et constitue une forme d’expression puissante pour sa jeunesse frustrée.

Le Mbolé  s’est développé il y a environ un quart de siècle dans les quartiers pauvres de Yaoundé, la capitale de ce pays d’Afrique centrale.

Au départ, il s’agissait d’une sorte de va-et-vient lors de veillées funèbres entre un chanteur, qui inventait des paroles et les chantait, et des “répondeurs”, qui répétaient les paroles et donnaient le rythme à l’aide de seaux, de casseroles ou d’autres instruments. Ce type de musique consiste a invité les gens autour de soi, en formant un cercle et on commence à jouer pour divertir les gens. Au début, le Mbolé était stigmatisé et beaucoup de personnes l’ont considéré comme une musique de caniveau, tel le rap. Mais sous cette image, elle s’est adaptée et a conquis les gens.

Un genre musical national

Aujourd’hui, le Mbolé s’est répandu dans les mariages, les baptêmes et autres cérémonies, devenant progressivement plus sophistiqué grâce à l’introduction d’instruments tels que les claviers et le grand tambour ouest-africain, le djembé. Il y a environ six ans, le Mbolé a commencé à se généraliser, et il est désormais considéré comme un genre musical national.

C’est alors une musique qui se fait connaitre de jours en jours sur plusieurs stations de radios et chaines de télévisions, dans le pays et des séries de documentaires sont même réalisées sur l’ascension de cette musique.

Tout comme l’afro-beat, qui vient du Nigéria, quand vous écoutez le Mbolé, vous entendez tous les sons du Cameroun, qui découlent des formes de musique traditionnelle appelées bend skin, makossa et bikutsi. Le Mbolé est le petit-fils du bikutsi et le neveu du makossa, et quand vous l’écoutez, vous vous sentez immédiatement camerounais.

Des racines de quartier

Derrière le succès médiatique, le Mbolé reste une forme d’expression polyvalente et est toujours très ancré dans les quartiers pauvres. Pauvreté, drogue et insécurité sont des thèmes récurrents chez ses jeunes interprètes, dont certains ont un statut quasi iconique dans leur quartier.

En 2016, Petit Malo a enregistré son premier tube mbole, “Dans mon kwatta” (“Dans mon quartier”), qui dépeint la vie à Nkoldongo, un quartier délabré de Yaoundé. Le quartier est un dédale où les eaux usées coulent en ruisseaux dans les rues étroites et non pavées. De nombreuses maisons n’ont pas de porte mais juste un tissu pour couvrir leur entrée, accroché au-dessus de quelques chaussures, montrant que des gens vivent là. Le son des voix et du djembé fait accourir les jeunes artistes comme Petit Malo qui chantent la paix, l’espoir, et plein de bonnes choses.

Les chanteuses se frayent également un chemin dans un genre qui “est encore très masculin” avec la création d’un groupe de mbole réservé aux filles. Le mbole qui est donc un excellent moyen de dénoncer le sexisme. Il leur donne en effet l’occasion de dire plein de choses dans leurs textes.

Jeannot Ulrich Armel ZOMAKPE

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