6 May 2026
Société

Affaire CEA au Bénin : Un pasteur jugé à la CRIET pour escroquerie en ligne – 35 fidèles victimes

  • 4 décembre 2025
  • 3 min read
Affaire CEA au Bénin : Un pasteur jugé à la CRIET pour escroquerie en ligne – 35 fidèles victimes

Un homme d’église a été présenté devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce mardi 2 décembre 2025. Il est poursuivi pour des faits d’escroquerie en ligne liés à la plateforme d’investissement CEA, aujourd’hui totalement bloquée.

Trente-cinq fidèles devenus plaignants

D’après les informations recueillies, le prévenu aurait joué un rôle actif dans le système en encourageant trente-cinq personnes de son entourage à s’inscrire sur la plateforme. Ces dernières figurent désormais parmi les plaignants. L’intéressé reconnaît avoir rencontré chacune d’entre elles pour leur présenter les promesses de rendement de CEA. Devant les magistrats, il nie toutefois toute implication particulière et affirme être victime au même titre que les autres investisseurs.

La plateforme CEA totalement bloquée

Cette comparution intervient dans un contexte de crise aiguë. Depuis le 29 novembre, de nombreux utilisateurs signalent un arrêt total des opérations sur la plateforme. Les dépôts et retraits sont devenus impossibles, déclenchant une vague de protestation sur les réseaux sociaux. De nombreux abonnés affirment ne plus pouvoir accéder à leurs fonds.

Un modèle basé sur le visionnage de vidéos

Lancée il y a environ six mois, CEA se présentait comme un service de publicité numérique offrant des revenus en échange du visionnage quotidien de vidéos. Les membres devaient verser une caution initiale avant d’être classés dans différents paliers d’activités. Chaque vidéo visionnée générait une rémunération fixe, avec des gains annoncés pouvant atteindre plusieurs milliers de francs CFA mensuels selon le profil.

Un faux lien avec une agence américaine

Les promoteurs affirmaient que CEA était la branche locale d’une agence de communication américaine créée en 1911, la Campbell Ewald Agency. Ce lien supposé rassurait les sceptiques, qui retrouvaient effectivement sur Internet une entreprise de publicité basée aux États-Unis. Pourtant, aucun lien réel n’existait entre le groupe américain et l’opération menée au Bénin.

La mécanique d’un système pyramidal

Le mécanisme de CEA reposerait en réalité sur un système pyramidal classique : l’argent versé aux utilisateurs proviendrait des mises de départ et des cotisations des nouveaux inscrits. Le modèle exigeait le parrainage continu de nouveaux membres pour maintenir les gains annoncés. Tant que la base d’adhérents s’élargissait, les premiers inscrits percevaient des revenus, alimentant l’illusion de rentabilité.

Le Bénin, terrain fertile pour les arnaques en ligne ?

Cette affaire ravive de douloureux souvenirs au Bénin. En 2023, la plateforme Cameo Shell avait entraîné la spoliation de milliers de Béninois pour un préjudice évalué à plus de trois milliards de francs CFA. Plus marquant encore, l’affaire ICC Services en 2010, qualifiée de “Madoff béninois”, avait laissé près de 300 000 victimes et un déficit estimé à plus de 200 milliards de francs CFA.

Des milliers d’investisseurs dans l’incertitude

Il est encore trop tôt pour établir les responsabilités dans l’effondrement de CEA. Mais les signaux sont inquiétants : absence d’explications, canaux de communication désertés, influenceurs silencieux, bénéficiaires introuvables. Des milliers d’utilisateurs restent dans l’expectative, redoutant d’avoir été, une fois de plus, les maillons d’une chaîne dont le sommet s’est évaporé.

About Author

sesame info

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *